MondialAlors que Sepp Blatter est en Afrique du sud pour vérifier l'état d'avancement des travaux à quelque 600 jours de la Coupe du monde 2010, notre site vous propose une visite guidée du Cap où se construit l'un des cinq nouveaux stades du pays.
Ils portent tous le numero 10. Sur le gilet des 2500 ouvriers du futur stade du Cap, le numéro le plus célèbre du football. Explications de Mlamli Mangcala, guide enthousiaste au milieu d'un chantier gigantesque: «Pelé, 1005534yy8Maradona ou encore Zidane ont beaucoup donné à ce sport grâce à leur talent. Comme eux, nous allons léguer quelque chose au football. Ce sera le Green Point Stadium». Une enceinte de 68.000 places (55.000 après la Coupe du Monde) conçue pour résister aux vents violents qui frappent régulierement la région. Le tout situé entre l'océan Atlantique et la célèbre «Table Mountain», symbole de la ville. Si les 17huit rencontres dont une demi-finale qui se joueront ici ont la splendeur du panorama, les spectateurs s'apprêtent à vivre de grands moments.
Pour l'instant, pas de match mais des visites en fin d'apres-midi. 40 rands (environ 4 euros) pour pénétrer dans l'antre. Casque et gilet fluo sont obligatoires.                  
Sécurite oblige : les ouvriers travaillent même la nuit. Les fondations sont posées, deux des trois niveaux du stade déjà bien avancés. Le ellis_parkmaître d'oeuvre annonce même que les premières parties du toit seront installées dès octobre. Livraison prévue en décembre 2009 avec deux mois d'avance sur le calendrier initial. Ici, personne ne croit au plan B de la Fifa evoqué par la presse cet été (le Brésil accueillerait la Coupe du monde en 2010 et l'Afrique du sud attendrait 2014).
Une opportunité unique économiquement
L'Afrique du sud a déjà organisé avec lille_aura_son_stade_actussucces une coupe du monde de rugby et de cricket. Pieter Cronje, porte-parole de la mairie du Cap, reconnaît toutefois un changement d'échelle. «Prenez toutes les statistiques que vous voulez, l'exposition du football n'a rien a voir avec celle des autres sports. 2010 constitue une opportunité unique économiquement». Dans tout le Mbombela_Stadiumpays, un milliard d'euros a déjà été investi pour améliorer les transports publics. Le Cap prévoit que l'essentiel des 300 a 800.000 touristes attendus sejournera au moins quelques jours dans la région, réputée pour ses paysages majestueux et ses vignobles. Alors la mairie a installé un compte-à-rebours à la sortie de moses_mabhida_stadiuml'aéroport en renovation pendant que les sponsors font déjà la promotion de l'évènement et que le comité d'organisation à lancé un concours pour dessiner la future mascotte.
Au-delà de l'aspect économique, Derek Carstens, membre du comité d'organisation, a conscience que l'évènement «a un role énorme à jouer pour générer un sentiment de cohésion nationale comme le pays n'en a pas stadesconnu depuis les élections de 1994.» 15 ans après l'Apartheid, les tensions raciales n'ont pas disparu. Le pays continue de se reconstruire, les Blancs de vivre retranchés dans des banlieues eloignees et les Noirs dans des townships insalubres. Avec les problèmes qu'une telle inégalite engendre. Au Cap, des agents de «sécurite publique» veillent en permanence dans les quartiers touristiques et le centre-ville est désert à la nuit tombée. Trop dangereux. Et encore, la ville est l'une des plus calmes du pays. Les organisateurs ont fait de la sécurité une priorité avec augmentation des effectifs policiers, installation de caméras dans les rues les plus fréquentées et appel aux services de sociétés privées. L'image du pays est en jeu. Pieter Cronje le sait bien. «Si nous organisons une Coupe du monde réussie, ce sera un coup porté au pessimisme général qui touche l'Afrique. Cela mettra à bas les clichés sur ce continent. En 2006 par exemple, la Coupe du monde a rendu les Allemands humains car la planète les a vus faire la fête et pleurer. Cette compétition a un pouvoir incroyable.»
« L'heure de l'Afrique est venue »
En revanche, les Sud-africains ne se font aucune illusion sportivement. Beaucoup ne voient pas leur équipe sortir des phases de poule. Pour la première fois depuis 1994, les Bafana Bafana ne participeront pas à la CAN. La faute a une défaite contre le Nigeria 1-0 début septembre. Après le match, le capitaine Benny McCarthy essayait de positiver en expliquant que les joueurs préserveront ainsi leur energie pour la Coupe du monde. Mais pour tout un continent, le défi est ailleurs. «L'heure de l'Afrique est venue», comme l'annonce la citation du président Thabo Mbeki à l'entree du Green Point Stadium.