stadevelodromeFaut-il ou non couvrir Vélodrome, théâtre, mythique à défaut d’être antique, des petits exploits et grandes déceptions de l’Olympique de Marseille ? La question est sérieuse et les décideurs s’activent à nouveau sur le projet. Car selon les supporters, un stade sous cloche permettrait au club de foot de remporter enfin un titre, le dernier remontant à 1993, date de la victoire de l’OM en Ligue des champions… Le Vélodrome n’a pas grand chose du « Chaudron » stéphanois ni du stade Bollaert de Lens. Ouvert aux quatre vents et particulièrement au mistral, il est plutôt même du genre évasé et les chants des supporters n’enveloppent pas vraiment les joueurs, ils s’envolent. DIOUFPourtant, quelle saveur aurait un « Aux Armes » la célèbre cantate - à - deux - virages d’avant - match, qui file des frissons à n’importe qui est un tant soit peu sensible aux histoires de ballon, dans une étuve bouillonnante ? Les projets se sont empilés depuis des années dans les tiroirs des élus. Pour la Coupe du monde en France en 1998 déjà, dans le cadre du projet d’agrandissement du stade, la couverture avait un temps été évoquée. Plus récemment, en 2005, de nouveaux plans avaient été présentés par Thomas Longeault, un ancien dirigeant du club de l’époque Tapie. Des supporters ont même été jusqu’à créer sur Facebook une liste de soutien sur laquelle ils militent « pour la couverture du stade Vélodrome ». Ils souhaitent « se faire entendre du maire de Marseille ». Argument avancé : " Nous sommes unanimement connus à travers la France et le monde entier comme étant un public extraordinaire, toujours présent dans les bons et les mauvais moments, sous la pluie, dans le vent… Aujourd’hui, on veut un toit pour permettre à notre stade d’avoir encore plus d’ambiance et de devenir une véritable forteresse… Allez l’OM!" GERETSSans compter les demandes maintes fois réitérées des clubs de supporters. Dans les virages, au Nord comme au Sud, on assure que « le niveau sonore devrait doubler voire tripler ». Difficile donc de résister aux chants des sirènes… de supporters. Entre 53,7 et 159,8 millions d’euros. 2935849172Alors, depuis deux ans, la ville de Marseille, propriétaire de l’équipement, a remis l’ouvrage sur le métier. Le sujet a même ressurgi à l’occasion de la dernière campagne des municipales. nikoEt, oh ! surprise, les candidats se sont largement prononcés en faveur du projet. Seules les modalités de son financement différaient… En juin dernier, les études d’évaluation préalables, lancées en septembre 2006, ont été mises à l’approbation des élus municipaux, notamment en s’inspirant de ce qui a pu se faire à Grenoble, au Mans ou à Lille ces dernières années. Plusieurs « hypothèses de programme » ont ainsi été présentées, dont les montants varient entre 53,7 et 159,8 millions d’euros ! Celles pour l’instant privilégiées pourraient porter la capacité du stade Vélodrome actuellement de 60 000 places, deuxième plus grande enceinte sportive après le Stade de France, à 67 000 voire 70 000 places, selon le scénario retenu. 28508338_pCeci, pour un montant avoisinant les 140 millions d’euros et une couverture qui comprendrait les virages Nord et Sud, la tribune Ganay ainsi que la réfection de la tribune Jean-Bouin, déjà couverte. Pour la ville de Marseille : « Ces hypothèses semblent les plus intéressantes dans le niveau de contribution qu’elles sont susceptibles d’apporter en termes d’optimisation des perspectives de recettes de billetterie et de recettes nouvelles ». 3621285376L’objectif prioritaire étant bien de répondre « aux normes internationales de football et de rugby » pour pouvoir accueillir à Marseille des rencontres internationales, au premier rang desquelles l’Euro 2016 ou une finale de ligue des Champions. Le président de l’OM, Pape Diouf, s’était montré emballé à l’annonce de la nouvelle, reconnaissant qu’une « couverture comme celle qui est évoquée serait de nature à accroître encore l’extraordinaire ambiance du Vélodrome ». Le « naming » tuera-t-il le « Vélodrome » ? 2609968489Reste à savoir qui sera prêt à financer un tel projet, car les collectivités publiques n’y suffiront pas. Voilà pourquoi a été notamment évoquée la possibilité de mettre en œuvre un partenariat public-privé. Une maîtrise d’ouvrage privée garantirait « une rentabilité contribuant à l’économie de l’ensemble du projet et à la limitation des contributions publiques ». Avec un bémol et de taille : la possibilité évoquée de réaliser un contrat de « naming », comme c’est le cas pour l’Emirates Stadium d’Arsenal ou l’Allianz à Munich. Une opération qui consiste « à associer un nom commercial au stade moyennant le versement d’une redevance contribuant au financement de l’équipement ». Pour un bout de toit, les supporters marseillais seront-ils prêts à vendre leur « Vélodrome » à un investisseur étranger ? Le pari n’est pas gagné…